Recherche : les aliments à haut digestibilité, une innovation qui a le vent en poupe

Les aliments "à haute digestibilité" ont le vent en poupe car ils intéressent de nombreuses populations, du propriétaire au maire. En effet, parmi leurs nombreux avantages, ils permettent d'optimiser l'assimilation et donc, de réduire le volume des fèces...

La digestibilité représente la proportion d'un aliment " assimilé " par l'organisme, c'est-à-dire ne se retrouvant pas dans les selles. De la digestibilité, dépendra la quantité d'énergie et de nutriments réellement utilisables par l'animal.

Deux façons de la mesurer

- en conditions réelles : en collectant et en analysant les selles récoltées afin de comparer cette analyse à la quantité et à la composition de l'aliment consommé ;

- en laboratoire : en faisant agir des enzymes sur l'aliment pour reproduire les mécanismes de digestion naturelle.

On évalue ainsi la digestibilité globale de l'aliment (digestibilité de la matière sèche), la digestibilité des protéines, des matières grasses... Une bonne digestibilité est un élément essentiel pour la santé et le bien-être des animaux, puisqu'elle :

- évite l'apparition de carences par mauvaise assimilation,

- prévient aussi certains troubles digestifs.

En effet, des substances non digérées arrivant dans le gros intestin (colon), stimulent l'activité de la flore intestinale. Les produits de fermentation sont alors capables de créer un appel d'eau dans l'intestin, ce qui augmente la teneur en eau des selles ou fait apparaître des substances irritantes voire même toxiques pour l'intestin. Lorsque la maldigestion est flagrante, on peut alors observer flatulences et diarrhées.

Trois facteurs conditionnent l'obtention d'une bonne digestibilité 

Choix des matières premières : farines purifiées de céréales, protéines animales non dénaturées par le traitement thermique...

Formulation nutritionnelle adéquate : minoration du taux de fibres et de matières minérales qui nuisent à la digestibilité...

Paramètres de cuisson : une cuisson trop longue, et/ou à trop haute température a une action négative sur la digestibilité, en particulier des protéines.

Exemples de résultats de digestibilité

(dMS = digestibilité de la Matière Sèche)

- aliment " SuperPremium " : dMS = 85 %

Pour 100 g de MS consommée, 85 g est digérée et 15 g excrétée.

Les selles contiennent environ 70 % d'eau, ce qui revient à l'excrétion de :

50 g de selles pour 100 g de MS ingérée (15 g MS + 35 g d'eau).

- aliment " Premium " : dMS _ 80 %

En général, la baisse de digestibilité s'accompagne d'une augmentation de la teneur en eau des selles. A la MS indigérée, s'ajoute donc environ 75 % d'eau :

80 g de selles pour 100 g de MS ingérée (20 g MS + 60 g d'eau).

- aliment Standard : dMS _ 75 %

Pour 100 g de MS consommée, 75 g est digérée et 25 g excrétée.

Les selles contiennent environ 75 % d'eau, ce qui revient à l'excrétion de :

100 g de selles pour 100 g de MS ingérée (25 g MS + 75 g d'eau).

Une différence de digestibilité de 10 points correspond donc au doublement du volume des selles.

- aliment économique : dMS _ 65 %

Pour 100 g de MS ingérée, 65 g est digérée et 35 g excrétée, ce qui revient à :

140 g de selles pour 100 g de MS ingérée (35 g MS + 105 g d'eau)

Les résultats de l'utilisation d'un aliment à haute digestibilité seront d'autant plus nets si l'utilisateur observe quelques règles simples :

choix d'un produit adapté à l'âge et au mode de vie de l'animal,

respect du rationnement conseillé en évitant le surdosage,

fractionnement des repas en cas de demande énergétique intense : femelles reproductrices, chiots/chatons en croissance...

Conclusion

Les aliments à haute digestibilité permettent à l'animal de tirer le meilleur profit possible de son alimentation : les volumes réduits de selles ne sont que la conséquence de l'effet recherché. Mais la digestibilité reste un élément important à prendre en compte pour l'environnement, qu'il s'agisse d'un chenil, d'une chatterie, ou du milieu urbain : la réduction du volume des déjections allège la charge de travail de nettoyage. Rappelons-nous que la seule Ville de Paris a en charge le ramassage quotidien de plus de 10 tonnes de déjections canines, soit un coût annuel de 6 millions d'euros !