Comportement canin : Quels sont les principaux troubles du Comportement chez le Chien ?

Les troubles du comportement chez le chien sont fréquemment décrits. Certains d'entre eux peuvent être évités dès l'achat du chiot, mais aussi grâce à une éducation bien conduite par les propriétaires.

Certains troubles apparaissent dès l'enfance ou l'adolescence comme les phobies : phobies des bruits, des voitures, des gens. Ces chiens ne pourront pas s'adapter à la vie en milieu urbain. Il sera très difficile, voire impossible, de les sortir dans la rue. S'ils ne sont pas tenus en laisse, ils peuvent fuir et se faire écraser. D'autres tirent sur la laisse pour rentrer ou freinent des quatre pattes pour avancer ou avancent par bonds successifs. D'autres encore, malpropres, bien que sortis plusieurs heures, attendent d'être de retour à la maison pour faire leurs excréments. Ils ne peuvent éliminer que dans un milieu calme qu'ils savent gérer. Souvent, ils ont peur de l'homme et peuvent être responsables d'agressions par peur.

Les morsures

La cause numéro un de consultation concernant des troubles du comportement demeure les morsures. Comme tous les mammifères sociaux, le chien organise sa vie en meute autour de certaines règles hiérarchiques (accès à l'alimentation, contrôle du territoire et de la reproduction). À l'âge de la puberté, le chien essaie de se positionner au sein de la meute humaine. Il va exprimer sa dominance et défend ses prérogatives hiérarchiques, ce qui sera alors à l'origine de conflits et d'agressions, voire de défauts de propreté (mictions hiérarchiques) si certaines de ses prérogatives lui sont retirées.

Les prérogatives d'un chien dominant sont les suivantes : le chien dominant mange en premier, mange lentement et aime bien être regardé par ses sujets. Il contrôle l'occupation du territoire et de l'espace ainsi que le déplacement des autres membres de la meute. Il est donc souvent situé dans un lieu stratégique (chambre, palier, couloir), ce qui lui permet de tout surveiller. Il contrôle la reproduction et gère l'activité sexuelle du groupe. La remise en cause de ses prérogatives de dominant peut être à l'origine de troubles de la hiérarchie, s'exprimant par des séquences d'agression, donc de menaces (grognements) et de morsures, aussi bien au sein de la meute chien que de la meute famille.

Les troubles du comportement peuvent être facilement évités. Pour en prévenir un certain nombre, il est conseillé de bien choisir son élevage. Il faut s'y rendre, demander à voir la mère et les autres chiots, voir la façon dont ils sont élevés, nourris, etc. Il ne faut pas acheter un chiot avant l'âge de 10 semaines et il faut demander si le chiot n'a pas été séparé trop tôt de sa mère (avant 2 mois). Quand il arrive dans sa future famille, il faut respecter un certain nombre de règles et l'entente sera alors parfaite.

L'anxiété de séparation

Une autre affection pathologique, motif fréquent de consultation, est l'anxiété de séparation. Les chiens sont emmenés en consultation pour des destructions importantes, des mictions et des défécations réparties dans toute la maison, c'est-à-dire partout où le chien a accès, voire pour des vocalises lorsqu'ils sont laissés seuls (aboiements, hurlements et gémissements). Cela a pour origine un attachement, voire un hyperattachement, à une personne.

L'attachement est un mécanisme d'apprentissage qui permet au sujet d'identifier la mère comme être d'attachement et repère rassurant. L'attachement est absolument indispensable pour la réalisation d'une bonne imprégnation et pour le bon déroulement du développement psychomoteur, cognitif et social de l'animal. Pendant la période néonatale, la chienne s'attache à ses petits et tout ce qui limitera les contacts entre la chienne et ses chiots déclenchera un état de détresse profonde. Puis, durant la période de transition, les petits vont s'attacher à leur mère. Elle sera seule capable d'apaiser ses chiots. Elle devient le repère rassurant autour duquel le comportement exploratoire va se développer. L'attachement est donc devenu réciproque. Toute tentative pour empêcher le contact provoque un stress qui s'exprime par l'émission de vocalises et un état d'agitation tant de la mère que de ses chiots. Mais qui dit attachement dit détachement.

C'est un événement important dans la socialisation du chiot. La mère, lorsque les chiots mâles ont de 4 à 5 mois, commence à ne plus supporter leur contact et leur interdit d'approcher d'elle. Ils doivent dormir ailleurs. Cet épisode aboutit à la marginalisation des chiots. Pour les jeunes femelles, le processus est plus lent et débute au moment de leurs premières ou secondes chaleurs.

La personne d'attachement

En fait, le chiot passe d'un attachement exclusif à la mère à un attachement au groupe social. Lorsque le chiot arrive dans une maison, il s'attache à une personne et cet attachement est réciproque. La personne d'attachement est en général celle qui donne à manger, qui prodigue les caresses, etc. Vers l'âge de 4 à 5 mois, les maîtres doivent provoquer le détachement. Si cela n'est pas réalisé, ce qui est presque toujours le cas, dès que le chiot sera séparé de la personne d'attachement, il est dans un état de panique et de détresse : alors il cherche la personne d'attachement, et ce sont les dégâts, les destructions parfois massives, accompagnées de mictions et de défécations émotionnelles, voire de vocalises à l'origine de plaintes du voisinage. Le chien doit apprendre à se détacher de ses maîtres et la seule façon, c'est de ne plus répondre aux sollicitations de jeux et de caresses lorsque l'animal en fait la demande. Il faut le repousser. C'est aux maîtres de prendre l'initiative des relations. Il faut aussi lui attribuer un lieu de couchage qui ne soit pas la chambre.

La nécessité d'un environnement stimulant

Le développement du cerveau du chiot n'est pas achevé à la naissance. Il se poursuit pendant plusieurs semaines, d'où la nécessité d'élever le chiot dans un environnement stimulant avec des personnes et des bruits différents. S'il s'agit d'un élevage à la campagne, l'environnement est souvent dénué de tout bruit et de personnes différentes, et le chien ne sera pas capable d'affronter ultérieurement le bruit et les gens de la ville. Certains éleveurs l'ont compris, ils soumettent les chiots à des bruits variés et les font nourrir et manipuler par des personnes différentes. Cependant, en général, le chiot acheté chez un éleveur et qui doit vivre en milieu urbain sera incapable de gérer ce nouvel environnement.

Si l'éleveur est en partie responsable, le futur maître peut l'être aussi faute de connaissances sur l'éducation du chiot. Le chiot doit vivre très tôt des expériences multiples, promenades dans la rue, voyages en voiture, contacts avec d'autres animaux et d'autres personnes, bruits variés. Il existe actuellement des vaccins pour le protéger contre les maladies du jeune âge, ce qui permet de sortir le chiot dans la rue dès l'âge de 8 semaines, même si cela n'est pas conseillé.

D'autres chiens sont invivables. Ils ne tiennent pas en place, sautent, courent après tout ce qui bouge (joggers, vélos, oiseaux, feuilles) et jouent sans arrêt. Ils sont infatigables, souvent responsables de destructions dans la maison. Ils mordillent tout le temps, d'autant plus que les maîtres qui pensent que le chiot "fait ses dents" acceptent le mordillement.

En fait, il s'agit de chiots issus de mères trop jeunes qui ne savent pas éduquer leurs chiots ou d'une portée trop importante où la mère est débordée pour bien élever tous ses chiots. Dans d'autres cas, les chiots ont été séparés trop tôt de leur mère (à moins de 8 semaines), achetés trop jeunes, ou leur mère est décédée. Ces chiots n'ont pas appris le contrôle de leur motricité ni le contrôle de leur mâchoire et sont livrés à l'état brut, sans aucun autocontrôle.