Vaccinologie du chien : réponses aux questions fréquentes

Les vaccinations permettent d'enrayer des maladies infectieuses contagieuses mortelles. Certaines sont obligatoires. Elles ne peuvent être efficaces que si elles sont faites dans les temps, c'est-à-dire selon un calendrier précis et respecté.

Immunité du chien et vaccination

Le chiot reçoit une première immunité de sa mère, les anticorps colostraux. Ceux-ci sont transmis au cours des premières heures de la vie du chiot (24 heures maximum), par les tétées, et ce si la mère possède une bonne immunité. Ces anticorps disparaissent entre la quatrième et la dix-huitième semaine. Le chiot n'est alors plus protégé en l'absence de mesures de vaccination. Il faut en outre savoir que le système immunitaire du chien n'est pas entièrement formé à la naissance, il ne sera mature que vers la sixième semaine. Pendant les premières semaines de sa vie, le chiot ne peut combattre les infections que par l'intermédiaire des anticorps transmis par sa mère.
Il faut prendre soin, lors de la primovaccination du chien, de ne pas interférer avec les anticorps maternels, phénomène qui peut persister jusqu'à l'âge de 10 à 12 semaines. On peut donc commencer à mettre en place des protocoles de vaccination dès que le chien est âgé de 8 à 10 semaines.
Il est préférable pour le chien de le vacciner contre toutes les maladies infectieuses qui pourraient lui être fatales. Outre la vaccination antirabique, légalement obligatoire, le chiot doit être vacciné contre : la maladie de Carré, l'hépatite contagieuse, les leptospiroses et la parvovirose.
Les vaccinations permettent d'enrayer des maladies infectieuses contagieuses mortelles. Certaines sont obligatoires. Elles ne peuvent être efficaces que si elles sont faites dans les temps, c'est-à-dire selon un calendrier précis et respecté.
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Réponses aux questions courantes

- Y a-t-il des précautions particulières à prendre avant la vaccination ?

Il importe que le chien à vacciner soit dans la meilleure forme physique possible et qu'il n'ait pas fait un trop gros repas dans les douze heures qui précèdent l'injection. Pensez également à signaler à votre vétérinaire si, dans les mois précédents, il n'a pas eu un problème quelconque.
La vaccination est un acte médical qui doit s'adresser à des sujets en bonne santé. Il y a donc lieu de pratiquer un examen médical approfondi. On recherchera en particulier les critères suivants : hyperthermie, anorexie, adynamie, anémie. Au besoin, un frottis sanguin permettra de vérifier l'absence d'une piroplasmose débutante.

- Est-ce que la vaccination est efficace ?

Il n'existe pas de vaccin susceptible de protéger 100 % des individus. Certains sujets sont en effet incapables de produire un taux suffisant d'anticorps pour des raisons très diverses (âge, état de santé, maladies infectieuses intercurrentes, état physiologique, origine, certains traitements, piroplasmoses récidivantes, etc.).
Sans être contre-indiquée, la vaccination contre la piroplasmose de tels chiens n'est pas conseillée.

- À partir de quelle période après la vaccination peut-on considérer le chien comme protégé ?

La primovaccination nécessitant deux injections, la protection n'apparaît que dans les jours qui suivent la deuxième injection. Entre les deux injections, l'animal demeure pleinement réceptif à la maladie. Il faut dont le surveiller plus particulièrement pendant cette période.

- À partir de quel âge peut-on pratiquer la vaccination ?

Les chiots de moins de 3 mois d'âge ne peuvent être vaccinés correctement en raison de leur immaturité immunologique vis-à-vis de la piroplasmose. Cette maturité immunologique se situe vers le cinquième mois d'âge.

- Comment se pratique la vaccination ?

La primovaccination nécessite deux injections par voie sous-cutanée à 3/4 semaines d'intervalle. Cet intervalle ne doit jamais être inférieur à 15 jours, ni supérieur à 6 semaines. Les rappels sont ensuite pratiqués annuellement.

- Y a-t-il une période de l'année plus favorable à la vaccination ?

L'existence de la piroplasmose canine est liée à la biologie de l'arthropode vecteur, la tique. Classiquement, les tiques sont moins actives au cours des hivers froids et secs ainsi que durant l'été. Mais, dans certaines régions et suivant la climatologie locale, on peut observer des cas de piroplasmose canine tous les mois de l'année. Votre vétérinaire qui connaît bien l'épidémiologie régionale de la maladie vous conseillera utilement sur ce sujet.

- Y a-t-il des suites à la vaccination ?

Dans de rares cas, on peut observer une fatigue passagère (24 heures) et éventuellement l'apparition d'un petit oedème au point d'injection qui disparaît en quelques jours. Dans la grande majorité des cas, l'injection vaccinale est parfaitement bien tolérée par le chien.
Cependant il est recommandé de laisser le chien au repos pendant les 24 heures qui suivent la vaccination et lui éviter de faire de trop grands efforts (journée de chasse, longue promenade, séance de dressage, etc.).

- Le vaccin de la piroplasmose risque-t-il de provoquer la maladie sur mon chien ?

Cela est tout à fait impossible puisqu'il s'agit d'un vaccin tué fabriqué à partir des protéines de la membrane parasitaire. Mais il peut arriver que lors de l'injection vaccinale, le chien soit en incubation de la piroplasmose et que cette maladie survienne dans les jours qui suivent. C'est pour cela que votre vétérinaire réalisera un examen clinique détaillé pour éviter une telle possibilité.

- Puis-je faire vacciner mon chien le même jour contre la piroplasmose et les autres maladies ?

Il est actuellement possible de pratiquer la vaccination antirabique et antileptospirosique en même temps que la vaccination contre la piroplasmose.

- Mon chien a eu plusieurs piroplasmoses puis-je le faire vacciner ?

Sans quelle soit contre-indiquée, la vaccination de tels chiens n'est pas recommandée. En effet ces animaux semblent incapables de se protéger vis-à-vis de cette maladie.

- Mon chien vient d'avoir la piroplasmose, quand peut-on le vacciner ?

Il faut attendre huit semaines après le traitement pour pouvoir procéder à la primovaccination.

Primo-vaccinations

- Entre 7 et 9 semaines
Maladie de Carré, hépatite contagieuse, parvovirose
[Primo-vaccination 1].
- Entre 11 et 13- semaines
Maladie de Carré, hépatite contagieuse, parvovirose
[Primo-vaccination 2].
Leptospirose
[Primovaccination 1]
Rage
[Primovaccination]
- Entre 15 et 17 semaines
Leptospirose
[Primovaccination 2].

Rappels de vaccins

- Rage
Annuel impératif
- Leptospirose
Annuel impératif, voire semestriel en zone à risques
- Maladie de Carré, hépatite contagieuse, parvovirose
Un an après la primovaccination, puis tous les deux ans.

Autres vaccins possibles

Toux de chenil : 2 primovaccinations puis rappel annuel.
Piroplasmose : 2 primovaccinations puis rappel annuel.
Recommandations importantes
l° Il est préférable de ne pas vacciner les chiens dont l'état général est mauvais et, en particulier, ceux qui sont fortement infestés par des ecto ou des endoparasites. Il est alors recommandé de faire traiter le chien contre les parasites.
2° Si le calendrier n'a pu être suivi dès l'âge de 7 à 9 semaines, il devra être repris en totalité le plus rapidement possible, quel que soit l'âge du chien, avec le même rythme d'espacement des vaccinations.

Vaccination antirabique

La primovaccination doit comporter soit deux injections pour les vaccins renfermant la valence Rabiffa (Leptorab, Pentadog, Rabiffa) séparées par un intervalle de 15 jours au moins et 30 jours au plus, soit une seule injection avec le Rabisin, Hexadog ou Leptorabisin à partir de 3 mois d'âge.
Pour être valable, l'injection de rappel (Rabiffa ou Rabisin) doit être effectuée moins d'un an après la dernière injection de la primovaccination ou l'injection de rappel précédente.
Au-delà de ce délai, la nouvelle vaccination doit être considérée comme une nouvelle primovaccination.
(Le certificat, pour être valable, doit être signé par le vétérinaire traitant.)