Helminthoses digestives des félins

La fréquence des helminthes (vers) digestifs est difficile à estimer et les différentes enquêtes épidémiologiques montrent de grandes variations. Ces dernières sont liées aux chats inclus dans les analyses : animaux en chenil ou de propriétaires, animaux d'origine urbaine ou rurale, localisation géographique, saison de réalisation de l'enquête, répartition des classes d'âge au sein de l'effectif étudié... (Le tableau II présente les vers rencontrés chez les chats).

En 1996, une enquête basée sur la réalisation de coproscopies a montré que 17 % (0 à 32 % selon les localisations) des chats étaient infestés par des helminthes. Les chatons de moins de 1 an étaient plus souvent infestés que les animaux plus âgés : 31,7 % des chats de moins de 1 an étaient parasités. Les ascarides (Toxocara cati) sont les principaux helminthes rencontrés chez les jeunes, tandis que les ankylostomes et le Dipylidium sont observés chez les chats de tout âge.

Protozooses digestives des félins

Les chats, dès leur plus jeune âge, peuvent être infectés par des protozoaires, agents pathogènes unicellulaires. Deux types peuvent être distingués, les Giardia et les coccidies. Ces protozoaires sont aussi fréquents que les vers et vont infecter 30 à 60 % des chatons en élevage, contre 5 à 20 % des chats de propriétaires.

Les Giardia sont des protozoaires flagellés qui sont présents sur la muqueuse de l'intestin grêle et induisent par leur prolifération une entérite avec maldigestion - malabsorption, d'où un amaigrissement et une diarrhée chronique. Cette affection touche aussi bien les adultes que les jeunes.

Les coccidies parasites du chat sont nombreuses. Les plus fréquentes, les Isospora, sont des agents d'entérite aiguë observés sur les jeunes chatons de 1 à 6 mois.

Ces coccidies sont ingérées par consommation d'ookystes présents sur le sol, plus rarement par ingestion de rongeurs (souris notamment). D'autres coccidies sont avant tout ingérées par le chat en même temps que leurs proies : Besnoitia, Hammondia, et Toxoplasma gondii.

Cette dernière espèce est bien connue puisqu'elle infecte tous les mammifères, y compris l'homme. Le chat est le seul hôte qui héberge les formes intestinales. Les mammifères s'infectent en ingérant ces kystes ou en consommant d'autres animaux déjà infectés, puis ils hébergent des formes tissulaires du parasite.

Environ 90 % des chats adultes ont été infectés par le toxoplasme. La plupart des coccidies sont très bien supportées par les chats et les infections restent asymptomatiques. Seuls les Isospora sont susceptibles d'entraîner des diarrhées importantes chez les jeunes chatons.

Les infections coccidiennes sont suivies d'une immunité et les chats adultes deviennent des excréteurs asymptomatiques.

Giardiose

La giardiose est une protozoose de l'intestin grêle liée à la présence et à la prolifération en superficie de l'épithélium d'un protozoaire, Giardia duodenalis. Ce protozoaire se présente sous deux formes, les trophozoïtes et les kystes. Les trophozoïtes, formes actives, mesurent 6-8 x 12-15 µm, et sont munis d'un disque adhésif leur permettant de demeurer en surface des cellules épithéliales digestives. Les kystes végétatifs sont émis dans les matières fécales et sont les éléments de résistance et de contamination. Les trophozoïtes sont rarement vus, excepté lors d'un examen direct de fèces fraîches.

Les kystes sont subsphériques, renferment 2 à 4 noyaux, des résidus de flagelles et de corps médians, donnant l'impression de contenir un S au centre. Ils mesurent 7-10 x 8-12 µm.

Les Giardia se multiplient de façon asexuée par division binaire dans l'intestin grêle. Ils forment un véritable tapis en surface de l'épithélium digestif, provoquant une irritation de la muqueuse et une gêne de la digestion. L'atteinte mécanique de la bordure en brosse par les protozoaires et un possible effet cytopathique expliqueraient la malabsorption. L'aspect décoloré et pâteux des selles serait dû à l'inhibition de la lipase pancréatique par les protozoaires.

Épidémiologie : Les sources de parasites sont représentées par les animaux, ou l'homme, porteurs sains. L'infection se fait par ingestion des kystes. Ceux-ci, à la différence des ookystes coccidiens, sont sensibles à la dessiccation et aux désinfectants usuels. Ils sont surtout présents dans les milieux humides (potagers) et sont véhiculés par l'eau ou des aliments souillés (légumes crus). Ils résistent plusieurs semaines en milieu humide (2 mois à 8 °C, 1 mois à 21 °C, seulement 4 jours à 37 °C).

Étude clinique :

Les carnivores ayant ingéré des kystes vont exprimer des symptômes en moyenne 1 semaine après infection, mais la durée de l'incubation est très variable d'un animal à l'autre. Certains animaux n'expriment aucun signe d'infection et deviennent porteurs. Deux formes sont possibles, une forme aiguë, la plus rare, et une forme chronique, la plus fréquente. La forme chronique est caractérisée par l'apparition d'une diarrhée pâteuse, malodorante, accompagnée d'une stéatorrhée, d'où la coloration souvent jaunâtre des selles, et leur aspect graisseux. La fréquence des émissions est souvent augmentée (1 fois à 5-6 fois par jour). Une douleur abdominale est perceptible à la palpation. L'état général de l'animal s'altère progressivement. L'appétit est généralement conservé, et une soif importante accompagne ces symptômes.

La confirmation de l'infection repose sur la mise en évidence dans les selles des kystes végétatifs de Giardia. L'élimination des kystes peut être inconstante, d'où la nécessité lors d'un résultat coproscopique négatif d'envisager une seconde analyse 7 jours plus tard environ. L'élimination des kystes est généralement massive, et ils sont facilement mis en évidence par coproscopie microscopique après enrichissement.

Traitement des protozooses digestives

Le traitement des coccidioses fait appel à des sulfamides potentialisés (par le triméthoprime) à administrer par voie orale durant une dizaine de jours.

Le traitement de la giardiose fait appel à l'emploi de métronidazole durant 10 jours ou de fenbendazole durant 5 jours.

Prévention des coccidioses

La prévention passe avant tout par des mesures sanitaires : nettoyage des sols d'élevage de façon à limiter la quantité de kystes infectants. Le dépistage et le traitement des chats adultes porteurs (souvent les chattes reproductrices) doit être envisagé.

Acarioses des félins

En dehors des insectes, puces et plus rarement poux, les chats peuvent être infestés par des acariens. Cinq acarioses sont ainsi observées chez les félins : la gale notoédrique, la gale des oreilles, la cheyletiellose, la thrombiculose, et l'infestation par les tiques. Elles n'ont ni la même importance, ni la même fréquence.

Les puces

Les puces sont des insectes parasites externes et obligatoires qui se nourrissent en prélevant de petites quantités de sang mais de façon répétée sur des mammifères ou des oiseaux. Quatre espèces de puces peuvent se nourrir sur le chat mais c'est Ctenocephalides felis (la puce du chat proprement dite) qui est retrouvée dans l'immense majorité des cas. Cette espèce est peu spécifique : elle a une prédilection pour le chat, mais s'accommode aussi du chien, parfois de l'homme ou d'herbivores. La présence de puces sur un animal correspond à une pulicose.