Tout propriétaire soucieux de garder son chat en bonne santé doit se préoccuper de le protéger des maladies graves en le vaccinant.

La prévalence de plusieurs maladies graves du chat a décliné au cours des années en grande partie grâce à la mise à disposition de différents vaccins. Si, au cours du temps, le taux de chats vaccinés a régulièrement augmenté, il reste qu'en France, les chats sont moins médicalisés que les chiens et donc moins correctement protégés par la vaccination préventive.

Parmi les maladies touchant le chat, certaines sont le plus souvent mortelles. D'autres, en revanche, ne mettent que rarement en péril la survie de l'animal, mais il est toujours préférable de recourir à la possibilité d'éviter leur apparition en vaccinant le chat.

Parmi les vaccinations possibles, certaines sont indispensables, d'autres fortement préconisées,

d'autres préconisées dans certaines situations. Enfin, on peut regretter qu'à chaque maladie bien identifiée à ce jour ne corresponde pas pour autant un vaccin efficace disponible.

Les zoonoses, ou anthropozoonoses, sont des maladies communes à l'homme et à l'animal. Les principales maladies communes au chat et à l'homme sont la rage, la toxoplasmose, la tuberculose et la maladie des griffures du chat. Aucune ne représente actuellement, que ce soit de l'animal vers l'homme ou inversement, un problème. La rage est actuellement bien maîtrisée par une réglementation rendant la vaccination contre cette maladie obligatoire dans certaines circonstances.

Les maladies contre lesquelles on peut vacciner le chat

Actuellement, les chats sont couramment vaccinés, contre la rage, contre le typhus, le coryza et la leucose.

La panleucopénie féline, ou typhus du chat, était dans le passé à l'origine d'une mortalité très importante, mais la maladie est devenue très rare en milieu urbain. Cette régression est à mettre, en toute certitude, au bénéfice de la généralisation de la vaccination. La plupart des vaccins disponibles sur le marché français sont des vaccins modifiés. La vaccination de la femelle pendant le derniers tiers de la gestation et celle des jeunes âgés de moins de 4 semaines sont contre-indiquées.

Le terme de "coryza du chat" désigne une maladie infectieuse aiguë, due essentiellement à l'action de 2 virus différents, agissant seuls ou en association. En réalité, il est impossible de rattacher tel ou tel symptôme à l'action de l'un ou de l'autre des agents responsables. Il a été jugé préférable d'englober l'ensemble des troubles constatés sous le terme générique de coryza. Le risque pour un chat d'être contaminé, et donc de développer un coryza, est, comme nous l'avons indiqué dans l'introduction, accru par l'existence d'excréteurs asymptomatiques. Plusieurs vaccins modifiés et un vaccin purifié de sous-unités sont disponibles en France.

La leucose féline résulte de l'infection du chat par le virus FeLV (pour Feline Leukemia Virus en anglais). Le FeLV est, avec le virus de l'immunodéficience féline (ou FIV pour Feline Immunodeficiency Virus), l'un des deux virus félins induisant des états d'immunodéficience. Le FeLV est responsable de l'apparition de symptômes dans un délai moyen de 2 ans après la contamination. Le FIV entraîne l'apparition du syndrome d'immunodéficience acquise, ou sida félin, dans un délai de 8 à 10 ans après la contamination.

Dans les deux cas, le tableau clinique est dominé par la présence de signes généraux (amaigrissement, fièvre, abattement, manque d'appétit) accompagnant diverses infections localisées à différents appareils.

Parrni ces deux maladies, seule la leucose peut être prévenue en administrant un vaccin spécifique. Il est en effet actuellement possible de protéger les chats destinés à êtres exposés à des risques de contamination en les vaccinant. L'utilisation de ces vaccins chez les chats positifs au dépistage est bien sûr sans intérêt (le chat est déjà infecté), bien que sans danger (l'injection inopportune de vaccin n'exacerbe pas l'infection). Précisons que la vaccination n'interfère pas avec le diagnostic sérologique, qui est basé sur la mise en évidence d'un des antigènes viraux et non sur la mise en évidence des anticorps dirigés contre le virus.

La chlamydiose est une maladie bactérienne qui se traduit essentiellement par une conjonctivite, associée parfois à un écoulement nasal et à de la toux. La bactérie intervient seule, mais elle peut aussi le faire en association avec les virus du coryza en aggravant, dans ce dernier cas, des symptômes de coryza. Les chats apparemment guéris d'un épisode de chlamydiose demeurent longtemps porteurs et peuvent redevenir excréteurs, cette réexcrétion étant associée ou non à des symptômes.

Les maladies contre lesquelles il n'y a pas de vaccins disponibles en France

La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie virale grave dont la forme la plus connue correspond à l'accumulation de liquides d'épanchement dans l'abdomen. Cette maladie est inscrite sur la liste des vices rédhibitoires, vis-à-vis desquels l'acheteur est protégé par la loi. En France, il n'y a pas de vaccin autorisé contre cette maladie. Jusqu'à une date récente, tous les essais de vaccination contre la PIF s'étaient soldés par des échecs. Récemment, une souche atténuée de virus de la PIF a été isolée, et son administration par voie intranasale semble fournir une protection intéressante. Une autorisation de mise sur le marché a été accordée pour ce produit aux États-Unis et dans certains pays d'Europe.

En France, les études complémentaires nécessaires à l'obtention de cette autorisation sont encore en cours.

Il n'existe pas actuellement de vaccin destiné à protéger le chat contre l'infection par le FIV, responsable de l'apparition du sida félin. La recherche dans ce domaine est spécialement active. En effet, en raison des similitudes entre la maladie féline et le sida humain, ce type de recherche présente un double intérêt : un intérêt vétérinaire, bien sûr, mais aussi un intérêt en médecine comparée. Si l'on parvenait à préparer un vaccin efficace contre le FIV chez le chat cela constituerait un acquis extrêmement intéressant pour les chercheurs en quête d'un vaccin contre le sida humain. La vaccination constitue un moyen simple et sans danger de garder un chat à l'abri des maladies infectieuses graves. Tout propriétaire soucieux de conserver son animal en bonne santé doit veiller à l'application rigoureuse du calendrier des interventions vaccinales, défini en accord avec son vétérinaire.

La législation française imposant d'attendre l'âge de 3 mois avant de vacciner le chaton ; la protection n'étant complète qu'un mois après, l'autorisation d'accès à des situations où la vaccination est obligatoire (campings, exposition, passage de frontières) n'est pas possible avant l'âge de 4 mois.

Généralités sur la vaccination
Rappels d'immunologie

La réaction d'un organisme animal à un envahisseur étranger est de développer une réponse dirigée contre l'agent en cause. La réponse est qualifiée d'immunologique ou immunitaire. Le support de cette défense spécifique est représenté par la réaction d'une catégorie de globules blancs, les lymphocytes, qui élaborent une réponse adaptée à chaque antigène. Il existe en réalité une spécialisation des lymphocytes. Certains, les lymphocytes B, fabriquent les anticorps destinés à neutraliser les agents infectieux. D'autres, les lymphocytes T s'attaquent directement aux cellules infectées pour les détruire. Dans les deux cas, les lymphocytes gardent la mémoire de ce premier contact avec un agent étranger, et, si un deuxième contact avec le même agent étranger intervient, ils répondent de façon extrêmement rapide, immédiate, en détruisant l'agent avant même qu'il n'ait pu se multiplier et induire une maladie s'il s'agit d'un agent pathogène.

De ce fait, lorsqu'un sujet a eu un contact antérieur avec un agent étranger, naturel ou vaccinal, il est en général protégé. Son degré de protection dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels les anticorps constituent le mode de défense le plus important.

Un calendrier de vaccination

Ce calendrier doit être établi par le vétérinaire en fonction de plusieurs paramètres comme le mode de vie du chat, son âge et l'environnement. Ces programmes répondent néanmoins tous aux principes généraux que nous résumons ci-dessous.

La difficulté majeure de la primo vaccination consiste à parvenir à vacciner le chaton le mieux et le plus rapidement possible après la disparition de l'immunité passive, ce qui oblige à pratiquer 2 injections successives. La primo vaccination du chaton comprend 2 injections successives : la première est administrée entre 6 et 10 semaines d'âge, le plus souvent à l'âge de 8 semaines et la deuxième 3 à 4 semaines après, à l'âge de 12 à 14 semaines le plus souvent. Il existe une législation particulière en ce qui concerne la vaccination contre la rage, qui ne doit pas être pratiquée avant l'âge de 3 mois.

L'administration de rappels aux chats vaccinés dans leur jeune âge est indispensable pour le maintien d'une immunité efficace.

La protection contre les maladies

Focus sur la rage : La maladie contre laquelle on doit, dans certaines circonstances, vacciner le chat.

La rage est une encéphalomyélite virale affectant tous les animaux à sang chaud et l'homme c'est l'une des zoonoses majeures les plus redoutées dans le monde car elle est toujours mortelle. La maladie débute après une période d'incubation d'une trentaine de jours en moyenne. Les symptômes sont d'ordre nerveux et la mort survient en 3 à 6 jours. La maladie est réputée "légalement contagieuse" (soumise à déclaration obligatoire). La rage constitue un risque pour le chat amené à vagabonder en zones infectées. La prévalence de la rage ayant fortement diminué en France ces dernières années, ce risque est actuellement très limité. La vaccination obligatoire concerne en France les chats en provenance de pays (pour l'importation) et de départements infectés (pour la circulation en France). Elle est aussi obligatoire pour obtenir l'autorisation d'entrée dans les campings et les expositions félines.