Compléments alimentaires chien chat : comment les choisir ?

Le bon maître aime donner à son chien des compléments , ( alimentaires.

Sinon il a le sentiment de faillir à son devoir ! Petit supplément d’information...

Qu’appelle-t-on complément alimentaire ?

Et tout d’abord précisons la notion de complément alimentaire : c’est un aliment qui est censé fournir un surcroît de nutriments que l’alimentation quotidienne n’apporterait pas. Ces produits qui ne nécessitent pas d’autorisation de mise sur le marché, ne sont donc pas obligatoirement des médicaments, bien qu’un certain nombre appartiennent à cette catégorie. Qu’ils soient issus de l’industrie pharmaceutique ou non, ils regroupent un vaste ensemble de substances d’extraits de plantes (exemples : algues, levure de bière, germe de blé, ginseng, etc.), des minéraux (des coquilles d’huîtres riches en calcium), ou des extraits de produits laitiers, de farines animales ou de poisson, de gélatine, etc.). Ils peuvent également être une composition de tout cela, ou se révéler être des produits de synthèse. En principe, seuls les produits de synthèse sont produits par l’industrie pharmaceutique, ce qui ne signifie pas que tous les produits vendus en pharmacie, parapharmacie ou par votre vétérinaire (qui, grâce à son diplôme de propharmacien a le droit et la qualité pour fabriquer et/ou, délivrer les médicaments), soient des produits de synthèse. L’industrie pharmaceutique produit de nombreux extraits de plantes... et l’homéopathie se fournit majoritairement dans les produits naturels. La frontière est parfois mince entre complément alimentaire et médicament !

Le médicament est encadré d’une législation stricte qui garantit l’application d’un cahier des charges précis. Alors que la législation des compléments alimentaires est beaucoup plus souple. (Et c’est pourquoi certains laboratoires font ce choix pour échapper aux tracasseries administratives).

Où peut-on se procurer ces compléments?

Presque partout puisqu’ils ont envahi à peu près tous les marchés : les cabinets vétérinaires et les pharmacies, qu’ils appartiennent ou non à la classe des médicaments. Les boutiques de parapharmacie, les rayons diététiques ou de produits pour animaux des supermarchés, et les magasins diététiques ne commercialisent que les compléments alimentaires non reconnus comme médicaments... ou non remboursés par la Sécurité sociale. Ce qui ne signifie pas qu’ils soient obligatoirement mauvais : il y en a sûrement de bons, de moins bons... Et il y a aussi de la poudre de perlinpimpin ! Il faut aussi savoir choisir : prendre des jolies petites gélules blondes d’huile d’onagre dans un flacon transparent, bien réchauffé depuis des heures sous les lampes des rayons attractifs d’une grande surface, est aberrant : les principes actifs de ce type d’huile sont détruits par la lumière et la chaleur ! Ce type de complément alimentaire, par ailleurs excellent, se conserve à l’abri de la lumière (l’emballage et le flacon doit être opaque, ou en verre teinté)... et de la chaleur (loin des feux de la rampe, si l’on peut dire!).

Y a-t-il des produits meilleurs que d’autres ?

Très certainement... Mais il est impossible de comparer la multitude de ces produits. Un bon produit doit d’abord être d’une bonne qualité bactériologique, véhiculer le moins possible d’impuretés, et... ne pas nuire. Ensuite, il peut avoir une activité éventuelle sur l’organisme. Je dis bien “éventuelle” ! Car seuls les produits issus de l’industrie pharmaceutique, et donc vendus soit chez les vétérinaires, soit chez les pharmaciens, ont obtenu une AMM (autorisation de mise sur le marché). L’obtention de cette AMM garantit pour le consommateur une qualité bactériologique, une pureté suffisante, une activité thérapeutique contrôlée, ainsi qu’une date de péremption bien lisible. Car obtenir une AMM est un travail de longue haleine qui prend du temps : il faut avoir les moyens de payer des années de recherches, être sûr de son produit pour entamer de telles démarches et pour ensuite positionner son “poulain” de façon à ce qu’il soit suffisamment vendu et apprécié pour rentabiliser tous ces efforts. Ce ne sont du reste pas forcément les produits les plus onéreux ! Les autres compléments alimentaires... soit ont fait l’objet de recherches... et n’ont pas obtenu d’AMM, soit sont le fruit d’observations plus ou moins empiriques, et n’offrent pas la moindre garantie de qualité.

Comment être sûr d’acheter sans se tromper ?

Premièrement, mieux vaut demander conseil auprès d’un professionnel de la santé, en prenant certaines précautions. Ne retenez que les laboratoires dûment reconnus. Ils ont fait leurs preuves dans la durée. Deuxièmement, jamais un cocktail vitaminique à usage humain à votre chien : là, vous risquez de faire des sottises car votre chien n’a pas les mêmes besoins en vitamines et minéraux que vous ! Vous pouvez causer des déformations osseuses en le surdosant notamment en vitamine D. Ou en le carençant en calcium ! Ceci dit, pas de risque d’erreur en choisissant, au rayon diététique, de la levure de bière et du germe de blé, et en lui en donnant de une pincée à une cuillerée à café rase (selon sa taille) chaque jour. Mais pas d’huile de foie de morue !

En a-t-il réellement besoin ?

Tout chien a-t-il réllement besoin de ces compléments ? Tout dépend de son âge, de son activité, de son état de santé et de ce qu’il mange ! Un chiot destiné à beaucoup grandir ( tels le Beauceron, le Leonberg, le Montagne des Pyrénées, etc.), ou susceptible de développer une dysplasie (comme le Labrador, le Golden Retriever, le Setter, le Berger Allemand, etc.), aura absolument besoin d’un complément ou d’un programme alimentaire établi par un vétérinaire. Il lui faut ni trop... ni trop peu de calcium, de vitamine D, de phosphore, de protéines et de calories : c’est affaire de professionnel. En revanche, un Caniche nain ou un Fox en croissance n’a pas les mêmes besoins, surtout s’il est nourri avec des aliments industriels conçus pour chiots. Un CMV (complément minéral et vitaminé) sera probablement superflu. Il ne devient nécessaire que si vous préparez vous-même sa nourriture, et surtout s’il mange surtout de la viande, très pauvre en calcium. A l’âge adulte, un CMV est toujours conseillé en cas d’alimentation ménagère : difficile à équilibrer. Il est indispensable au cours d’une gestation,d’une lactation et il donne un bon coup de pouce en convalescence. Les huiles végétales ou de poisson poly-insaturées, à vertu anti-inflammatoire, sont souvent prescrites dans les pathologies cutanées, les allergies, et les pathologies dégénératives comme l’arthrose. Un apport minéral et vitaminique génère souvent une nouvelle jeunesse à un animal vieillissant : il ne faut surtout pas en priver votre fidèle compagnon.

Que faut-il penser des “amuse-gueule" ?

J’entends par là les friandises ou os en peau de bœuf. Les “bonbons” n’offrent aucun intérêt, et risquent surtout de provoquer... un trop plein qui peut couper l’appétit de Ballou pour un repas équilibré, lui donner de mauvaises habitudes, et l’amener sur le chemin de I’obé-sité. Mieux vaut donner en récompense un morceau de pomme, ou une croquette de qualité, plutôt qu’un biscuit ôu qu’un chocolat.

De même pour les “chewing-gums” canins que sont les os en peau de bœuf : un par jour, ça va, plus c’est trop car il s’agit d’une protéine indigeste, qui peut provoquer des gaz... et couper l’appétit. L’intérêt nutritionnel est faible et si le fait de mâchonner est sain pour tonifier les gencives, en revanche, cela dépose une pellicule de pâte sur les dents, tout à fait propice à l’installation du tartre. Si vous donnez ces joujous pour l’effet anti-tartre, mieux vaut choisir un os véritablement antiseptique dentaire (à la chlorhexidine).