Nourrir son chien sur mesure : la meilleure des alimentations canines

L’étendue de l’échelle de poids et de taille entre les races de chiens est unique parmi les espèces animales ; elle va du Chihuahua de I kg au Saint-Bernard de 80 kg. L’alimentation doit tenir compte de ces différences de taille ; elle doit aussi s’adapter aux différentes périodes de la vie du chien : croissance, maintenance, âge mûr. On peut ainsi satisfaire de façon optimale les besoins nutritionnels de chaque chien en se basant sur sa taille et son cycle de vie.

Nourrir son chien : une question de taille

Les chiens différents en fonction de plusieurs critères : poids de naissance, taille de la portée, rythme de croissance, mode de vie, On peut ainsi distinguer les chiens de petites races ( I -10 kg), moyennes (10-25 kg) et grandes (au-delà de 25 kg) tous n'ont pas les mêmes besoins alimentaires. Par exemple, les besoins d'un chien de 50 kg sont, non pas 5 fois, mais 3,3 fois plus élevés que ceux d’un sujet de 10 kg. Il ne convient pas de sous-estimer les exigences des très petites races et de surestimer celles des races géantes. Plus un chien est grand, moins ses besoins en calories par kg de poids vif sont importants.

Une chienne Caniche met au monde de I à 3 chiots, chacun pesant près de 3 à 4 % du poids de leur mère. Chez les Dogues Allemands, la portée comprendra plutôt 8 à 12 chiots, pesant chacun à peine I à 1,5 % du poids de la lice. La plus grande fréquence de mise-bas difficiles et de pathologies néo-natales observées dans les petites races n’a donc rien d'étonnant. L'amplitude et la durée de croissance varient aussi énormément. A un an, un chiot Caniche aura multiplié son poids de naissances par 20 contre environ 100 pour un Dogue Allemand. A 8 mois, le premier aura atteint sa taille adulte, alors que le second devra attendre jusqu’à 2 ans pour parvenir à la sienne. Les erreurs alimentaires pendant la croissance auront donc des conséquences plus graves chez les chiens de grandes races.

D’autres différences s’ajoutent. Le poids du tube digestif chez les chiens de grandes races est ainsi proportionnellement moins élevé que celui des chiens de petites races : chez un chien de petites races, il représente presque 7 % de son poids, alors qu'il ne représente que 2,7 % seulement du poids d’un chien de grandes races. Cette plus faible capacité digestive expliquerait en partie que les premiers présentent plus régulièrement des épisodes de selles molles ou diarrhées non liés à des problèmes facilement identifiables. Les volumes d’aliments qu’ils doivent ingérer pour satisfaire leurs besoins sont pourtant importants, surtout quand on tient compte de leur mode de vie : les grands chiens sont souvent des chiens de Travail, ou passent une grande part de leur temps à l’extérieur L’utilisation d’aliments plus digestibles, plus denses en énergie, et la distribution de la ration quotidienne en 2 repas permettent de minimiser ces problèmes comme celui de la dilatation torsion d’estomac, fréquente chez les chiens de grandes races ; il faut en outre, pour prévenir celle-ci, favoriser le repos après le repas, voire réhydrater les croquettes. Les chiens de grandes races ont par contre des mâchoires plus grandes et préfèrent des croquettes à la dimension adaptée ; les observations faites au Centre de Recherche de Saint-Nolff confirment aussi que les petites races préfèrent des croquettes de taille réduite.

Mode de vie et longévité

Le poids et le tempérament des chiens influencent directement leur mode de vie. Les sujets de petites races sont les compagnons idéaux pour un contexte urbain ; ils vivent essentiellement à l’intérieur Les propriétaires cèdent plus facilement à leurs caprices. Ils ont donc plus de risques de recevoir des rations déséquilibrées conduisant à l’obésité, et de devenir plus difficiles que les moyens et grands chiens qui passent en général plus de temps à l’extérieur

Les progrès de l’alimentation et de la médecine vétérinaire ont permis d’augmenter considérablement l'espérance de vie des chiens. Il subsiste pourtant des différences sensibles entre les races : les géantes (plus de 40 kg) dépassent rarement l’âge de 7 à 8 ans, alors que les petites vivent souvent jusqu'à 12 ans et plus. L'alimentation sur mesure basée sur la taille permet de tenir compte de toutes ces variations. Les besoins nutritionnels des chiens diffèrent beaucoup entre la période de croissance, l’âge adulte et l’âge mûr A chacune de ces étapes, l'apport en nutriments (protéines, acides gras essentiels, minéraux, vitamines) doit être optimal pour permettre une croissance harmonieuse, maintenir une bonne condition physique, garantir un pelage souple et brillant, maximiser les capacités de défense de l’organisme et favoriser la longévité. Selon les particularités physiologiques exposées précédemment, l’évolution des besoins alimentaires à chacune de ces étapes est sensiblement différente entre les petites, moyennes et grandes races.

La croissance

Les chiots en croissance ont des besoins nutritifs considérables pour permettre, en plus du bon fonctionnement de leur organisme, le développement du squelette, des muscles et des organes. Pour satisfaire ces besoins, les aliments croissance doivent être plus denses en nutriments que ceux des adultes. Le choix des ingrédients est aussi très important : seuls ceux de grande qualité pourront être facilement utilisés par le jeune animal, assurant une excellente assimilation des nutriments et minimisant les risques de troubles digestifs. Les ingrédients d’origine animale doivent être privilégiés, les chiens étant des carnivores, et l’amidon et les fibres modérément présents pour une excellente tolérance alimentaire. Des erreurs nutritionnelles peuvent avoir des conséquences irréparables, surtout chez les grandes races, à la croissance longue, qui risquent de souffrir de troubles des os et des articulations pendant cette période.

Des régimes moins denses en énergie (et donc moins riche en matières grasses), conçus en fonction de la courbe de croissance, permettent de ralentir le rythme de croissance des chiots de grandes races, prévenant l’apparition de troubles osseux et articulaires.Toute supplémentation en calcium est contre-indiquée, car des excès dans ce domaine peuvent entraîner des troubles sérieux au niveau du squelette. Des régimes plus denses en énergie favoriseront la croissance harmonieuse des petites et moyennes races, qu’il est toutefois prudent de rationner judicieusement afin d’éviter l'obésité juvénile. A la fin de la croissance, qui survient à des âges divers selon le gabarit, les chiens sont passés graduellement à des régimes d’entretien, pour éviter une prise excessive de poids.

Le chien adulte à l'entretien

Dans des conditions normales (vie à l’intérieur pour les petites et moyennes races, vie à l’extérieur dans un chenil bien abrité pour les grandes), et lorsque l’activité physique ne dépasse pas plus d’une heure d’exercice quotidien, les besoins alimentaires des chiens adultes sont assez faciles à satisfaire. Mais les aliments de qualité, “Premium” et “Super-Premium”, fabriqués à partir des meilleurs ingrédients et riches en protéines et matières grasses animales, ont des avantages considérables. Ils sont d’abord plus appètents et favorisent la souplesse et la brillance du poil.

Ils sont aussi plus digestibles, les nutriments étant mieux assimilés par le chien. Le volume des rations peut être sensiblement réduit, la production des matières fécales diminue considérablement (jusqu’à 2/3 en moins). La tolérance alimentaire est très bonne, surtout pour les animaux sensibles du point de vue digestif. Les effets sont en définitive bénéfiques sur la santé, la longévité et. la qualité de la vie. Il est impératif de considérer la grande variabilité individuelle (plus ou moins 20 %) des besoins énergétiques au sein d’une même race ; les rations indiquées sur l'emballage des aliments sont un point de départ, à adapter à l’animal pour éviter une dérive progressive du poids.

L’aliment adulte prend en compte les différences de tailles. Les particularités digestives des grands chiens justifient un régime plus concentré en énergie que les sujets moyens, un enrichissement en vitamines E et C, une réduction du phosphore, qui ont des effets favorables sur ces races vieillissant précocement. Du fait de leur mode vie, les petites races sont plus capricieuses ; arômes naturels, matières grasses et protéines en plus grande quantité, de même que des croquettes de taille réduite, permettent de les satisfaire. On peut adapter les dimensions, la dureté et la capacité de réhydratation des croquettes à la taille des mâchoires et à la capacité des animaux à mastiquer On peut ainsi offrir aux chiens un régime mieux adapté à leur race et à la période du cycle de leur vie. L’alimentation sur mesure offre en outre des conditionnements qui tiennent compte de la consommation de chacun en fonction de son gabarit. Il faut là aussi adapter le rationnement à leur condition corporelle ; les petits chiens sont souvent très actifs,-mais certains ont pourtant tendance à l'obésité.

L'âge mûr : nourrir son vieux chien

Comme chez l’homme, la compréhension des mécanismes physiologiques qui aboutissent finalement au dysfonctionnement de l’organisme est toujours très fragmentaire. Une bonne hygiène de vie, une alimentation complète et équilibrée adaptées aux besoins sont des facteurs qui favorisent longévité et bien-être. Ces mesures doivent être prises précocement pour être efficaces. Un grand chien de 6 ans, un chien moyen de 7 ans, un petit chien de 8 ans sont encore plein de vie, mais ont déjà dépassé pour la plupart la moitié de leur existence. Le pelage, qui blanchit, est moins brillant, le goût et l'odorat ne sont plus aussi affûtés, les petits problèmes d’arthrose, tartre dentaire, cataracte, se font plus fréquents. Ces chiens deviennent donc plus fragiles. Certes, la masse musculaire a tendance à diminuer; le dépôt adipeux à augmenter ; 30 à 40 % de ces chiens de 5 à 12 ans seraient obèses. Mais il est faux de penser que la plupart des chiens matures souffrent d’excès de poids ; le principe de mettre au régime tout sujet de plus de 5 à 8 ans n’a aucun sens. Il convient plutôt d’adapter la richesse de l’aliment et son rationnement. D’autre part, toutes les études montrent que le niveau de protéines n’a aucune influence sur la maladie rénale ; il n’est donc pas utile de restreindre les protéines des chiens vieillissants, d’autant qu’un niveau de protéines élevé pourrait même favoriser la longévité. Par contre, la restriction du phosphore permet de ralentir la progression de l’insuffisance rénale. La teneur en vitamines C et E sera à l'inverse augmentée, car elles aident l’organisme à se protéger des radicaux libres, qui joueraient un rôle important dans le processus de vieillissement.

La composition (pourcentage de protéines, matières grasses, minéraux) d’un régime pour chien d’âge mûr ne sera donc pas très différente de celle d'un régime d’entretien adulte. Mais en revanche, la qualité des ingrédients prend beaucoup plus d'importance pour obtenir une digestion optimale, les chiens de cette catégorie d'âge semblant moins bien assimiler leur ration que les plus jeunes. L’enrichissement en acides gras essentiels autorise à garantir un pelage plus souple et plus brillant. L’utilisation d'oligoéléments chélatés favorise l’assimilation des nutriments. Une légère augmentation des fibres alimentaires assure un transit digestif régulier Un dosage plus généreux en arômes naturels permet enfin de compenser la perte des sens.

Les particularités de gabarits sont aussi considérées dans cette tranche d’âge. Les aliments pour grandes races doivent être plus denses en énergie pour compenser la taille réduite du tube digestif et minimiser les risques de dilatation torsion d’estomacs, et les croquettes pour petites races doivent être de plus petite dimension.

En tenant compte des besoins différents des chiens, établis scientifiquement, en fonction de leur gabarit et de la période de leur vie, l'alimentation sur mesure (un aliment spécifique par taille de chien et stade de vie) permet de satisfaire les exigences de tous les chiens et de chaque chien. Cette alimentation plus adaptée contribue à assurer à chacun une meilleure qualité de vie et une plus grande longévité.